La république souveraine: la vie politique en France, 1878-1939
Résumé
" Sous la pression de l'histoire qui continue de se faire, et qui revendique sa place dans l'enseignement, la IIIe République ne cesse de céder du terrain devant les périodes plus récentes et l'irruption des civilisations étrangères. En l'absence d'un enseignement raisonné, le sentiment, le préjugé envahissent le champ de la conscience et peuplent la mémoire. Quelques épisodes surnagent du naufrage et prennent une dimension mythique : l'affaire Dreyfus, à laquelle l'intensité des controverses actuelles sur l'antisémitisme confère une importance disproportionnée, le 6 Février, le Front populaire... Quelques noms demeurent : Léon Gambetta, Jules Ferry, Jean Jaurès, Léon Blum, Georges Clemenceau, Raymond Poincaré... Et pourtant ces soixante ans de République méritent infiniment mieux que l'oubli, l'indifférence, le discrédit ou cette histoire qui retourne à la friche. Non seulement son intérêt propre est grand : c'est une leçon de choses qui n'a pas perdu toutes ses vertus. Mais nous en restons tributaires : elle nous lègue tout un héritage dont nous devons faire l'inventaire ; nous tenons d'elle des idées, des pratiques, des habitudes, des traditions sans lesquelles notre vie politique aujourd'hui ne serait pas ce quelle est. On comprendrait mal ce que celle-ci est présentement en ignorant la IIIe République. En inventorier l'héritage, retrouver les traces de ses apports, tel est le propos de ce livre, et telle est l'une de ses raisons d'être. "
Pas disponible en CD.
Lu par :
Philippe Lion
Genre littéraire:
Histoire/géographie
Mots-clés:
Littérature française
Durée:
11h. 50min.
Édition:
Paris, Fayard, 2002
Numéro du livre:
21285
Produit par:
Association Valentin Haüy
ISBN:
9782213602042
CDU:
944
Documents similaires
Lu par : Daniel Schreiber
Durée : 8h. 49min.
Genre littéraire : Histoire/géographie
Numéro du livre : 24557
Résumé:Deux janvier 1959 : les colonnes du Che Guevara et de Camilo Cienfuegos entrent à La Havane ; Quelques jours plus tard, Fidel Castro fait, à son tour, une entrée théâtrale dans la capitale cubaine. La révolution castriste triomphe grâce à une poignée d'hommes descendus de la sierra Maestra. Des Robins des bois modernes que la communauté internationale regarde avec bienveillance. Les stars de la planète accourent pour humer de près cette révolution à part qui jure de rétablir la république et la démocratie dans une île considérée comme le bordel de l'Amérique. Une véritable épopée hollywoodienne à 140 kilomètres des côtes de Floride. Pendant des mois, Le Lider maximo avance masqué pour installer sous les hourras de la foule une dictature qui met en coupe réglée une nation entière. C'est cette histoire extraordinaire mais vraie que raconte, jour après jour, ce livre, grâce aux témoignages des rares acteurs témoins de cette époque. Une histoire qui se déroule comme un film d'aventures avec ses héros et ses traîtres, ses flamboyances et ses contradictions. Cinquante ans après, Fidel Castro est toujours là.
Histoire de France des régions: la périphérie française, des origines à nos jours
Le Roy Ladurie, Emmanuel
Lu par : Jean Vergnolle
Durée : 17h. 25min.
Genre littéraire : Histoire/géographie
Numéro du livre : 21128
Résumé:En France, l'Etat-Nation est parvenu à forger son unité malgré la diversité des régions qui l'ont composé. Cette unité est parfois remise en cause, de nos jours, par les revendications identitaires, plus ou moins actives, des aires périphériques : l'Alsace, la Lorraine, la Flandre, la Bretagne, le Pays basque, le Roussillon, les pays d'Oc, la Savoie, et la Corse bien sûr. Emmanuel Le Roy Ladurie, spécialiste de la " longue durée " braudelienne, rend compte ici des diverses histoires régionales ; de leur intégration simultanée ou successive par la politique de la monarchie d'Ancien Régime et des régimes issus de la Révolution. Bilan d'une réussite incontestable, mais peut-être précaire : un " nouveau cycle de contestation régionale " n'est-il pas en train de naître ? Cette autre manière de faire l'histoire de la France est aussi une réflexion sur l'avenir.
Lu par : Daniel Schreiber
Durée : 12h. 19min.
Genre littéraire : Histoire/géographie
Numéro du livre : 23952
Résumé:Lorsque Napoléon Bonaparte prend le pouvoir en novembre 1799, il martèle son intention de rétablir l'ordre en France et de restaurer un pays marqué par dix années de crise. Il ne souhaite pourtant pas revenir sur les principes fondamentaux de la Révolution, mais entend la terminer, c'est-à-dire en consolider les acquis sur des bases solides. Le nouvel ordre qu'il impose est donc d'abord politique, et s'accompagne de la mise en place de nouvelles institutions, mais il concerne aussi tous les aspects de la vie en société. II s'incarne alors dans le Code civil qui devient le socle de la France impériale. Les Français n'ont pas tous adhéré à ce nouvel ordre. Pourtant les réactions ne proviennent pas uniquement de ceux qui récusent le régime politique, qu'ils soient royalistes ou jacobins, et que l'on voit à l'œuvre depuis l'attentat de la rue Saint-Nicaise jusqu'à l'affaire Malet. Elles émanent aussi de tous les Français qui refusent le nouvel ordre des choses, les conscrits insoumis ou déserteurs, les vagabonds et les mendiants, les réfractaires au droit rural ou au Code civil, les chouans tombés dans le brigandage. Ce sont eux que le régime décrit comme des fauteurs de désordre. Dès lors le régime cherche à les faire rentrer dans la norme qu'il a fixée. Il dispose pour ce faire de forces de l'ordre particulièrement sollicitées et qui impriment leur marque à l'Empire. Avec la publication du Code pénal en 1810, et le renforcement du contrôle policier sur le pays, l'ordre napoléonien atteint son apogée. Pourtant le régime s'effondre quatre ans plus tard, certes sous les coups des puissances alliées, mais sans que la société reconstruite par Napoléon ait pu servir de rempart pour sauver l'Empire.
Lu par : Josselyne Daul
Durée : 19h. 25min.
Genre littéraire : Histoire/géographie
Numéro du livre : 23427
Résumé:L'Inde fait aujourd'hui irruption sur la scène internationale à la faveur de la globalisation économique, forte de son nouveau statut de puissance nucléaire et en vertu d'une formidable dynamique culturelle dont la littérature et le cinéma sont les meilleurs symboles. Cette montée en puissance est le fouit de ce qu'elle a semé au lendemain de l'indépendance de 1947, point de départ de cet ouvrage qui décrit la trajectoire singulière de l'Inde contemporaine, tant au plan politique que diplomatique, économique, social et artistique. Le non-alignement des années 1950 a ainsi fait place à un rapprochement avec l'URSS avant de céder le pas à la convergence indo-américaine des années 2000 ; l'intervention de l'Etat dans l'économie a été remise en cause dans les années 1990, la libéralisation donnant naissance à une nouvelle classe moyenne et creusant les écarts entre les régions ; l'urbanisation s'est poursuivie au rythme de la croissance démographique sans que l'exode rural ne vide pour autant les campagnes, toujours majoritaires ; les castes ne s'agencent plus suivant un ordre aussi hiérarchique que dans le passé, mais si elles s'organisent en groupes d'intérêt en compétition pour le pouvoir et l'obtention d'une meilleure part du gâteau, leur rôle dans la société ne faiblit pas. La dimension culturelle informe également tout l'ouvrage, non seulement parce qu'on ne comprend pas l'Inde en dehors de ses catégories propres, mais aussi parce que ce pays, riche en arts, est porteur d'une grande civilisation. Celle-ci souffre toutefois de tensions religieuses qui opposent notamment les hindous aux musulmans, un phénomène indissociable du contentieux indo-pakistanais à l'origine de trois guerres en cinquante ans. Cette nouvelle édition, augmentée de sept nouveaux chapitres et entièrement mise à jour, permet d'appréhender pleinement l'Inde dans sa complexité.
Lu par : Catherine Jauréguy
Durée : 11h. 21min.
Genre littéraire : Histoire/géographie
Numéro du livre : 23738
Résumé:Jean-Luc Einaudi retrace dans cet ouvrage certains événements marquants qui ont ponctué la guerre française en Indochine, de 1945 à 1954. Dans les Forces françaises et des États associés, il y eut officiellement 106 658 morts et disparus. Côté vietnamien, le nombre dépasserait le million de victimes. Mais au-delà des chiffres, ce conflit marqua une génération et un pays, comme la guerre d'Algérie ensuite. On sait combien la classe politique française fut partagée à propos de cette guerre, qu'il faut bien appeler coloniale ; elle suscita scandales, affaires louches, et se termina pour la France par la défaite humiliante de Dien-Bien-Phu.Une enquête minutieuse, des témoignages étonnants de certains acteurs de cette guerre, le parcours de ce curieux personnage que fut Georges Boudarel (un Français qui, par conviction, se retrouva instructeur politique dans les camps où étaient détenus des soldats français) font de ce livre un document riche et passionnant sur cette période et cette guerre qui, dans l'inconscient collectif français, continue d'être perçue de façon trouble et ambiguë. Une guerre que certains auraient bien aimé jeter "à la poubelle de l'Histoire'.
Lu par : Michelle Fournet
Durée : 13h. 37min.
Genre littéraire : Histoire/géographie
Numéro du livre : 23135
Résumé:Ce n'est pas la plus grande ville du monde, mais c'est la plus fameuse. Et c'est aussi la ville de tous les dangers. La paix du monde, son équilibre se jouent en partie à Jérusalem. On l'aime, on la hait, on en rêve, on la convoite, on la veut pour soi tout seul, on est prêt à mourir pour elle. Pourtant son histoire est mal connue, on en retient seulement quelques bribes, liées à des personnages qui sont entrés dans le folklore de l'humanité : David, Salomon, les Maccabées, Hérode, Titus qui aima Bérénice, les rois croisés qui s'en emparèrent au nom du Christ, Saladin au nom de l'Islam, Ben Gourion qui en fit la capitale d'un pays créé à partir de la déclaration d'un lord anglais. On ignore souvent qu'elle exista deux mille ans avant d'être conquise par David. On ne sait pas qu'elle fut amorrite, hittite, avant de devenir une colonie militaire égyptienne d'Akhenaton, le pharaon qui, le premier, sur les bords du Nil, quand Moïse y vivait, rêva d'un Dieu unique. On lui doit une religion et une forme de régie, la théocratie, où le pouvoir est détenu par Yahvé, le Dieu unique qui se manifesta dans les sables du Sinaï. D'où naîtront le Christianisme et l'Islam, religions mais aussi civilisations qui découvrent aujourd'hui encore des raisons de s'affronter. Sur quelques kilomètres carrés se dressent leurs lieux saints : le Mur des Lamentations des Juifs, reste d'un temple construit par Hérode qui n'était pas juif, mais arabe, la mosquée d'Al Aqsa que l'on doit à un calife mécréant qu'inspirait Byzance, le Saint Sépulcre enfin, découvert au cours d'une vision par la mère de Constantin sous un temple dédié à Vénus. L'histoire que nous propose Jean Lartéguy évite de se perdre dans les subtilités des spécialistes, de verser dans les passions politiques, religieuses, idéologiques, car elles lui sont étrangères. Elle fait appel aux plus récentes découvertes des archéologues, qui rendent à la Ville Sainte, hors des nuées de légendes qui l'entourent, son vrai visage. Ne dit-on pas qu'à Jérusalem les sages deviennent fous et les fous plus fous encore ? L'auteur, qui vint souvent dans la Ville sainte et y séjourna en agnostique tolérant, s'est efforcé de ne pas tomber dans cet excès. Il tente de nous donner ici une histoire sereine d'une ville qui ne le fut jamais.
Lu par : Alain Guillaume
Durée : 19h. 46min.
Genre littéraire : Histoire/géographie
Numéro du livre : 24358
Résumé:Rien ne prédisposait Jean-Baptiste Colbert, né en 1619, à une carrière politique : il aurait dû prendre la succession de son père Nicolas, riche marchand drapier originaire de Reims, qui vend ses marchandises dans toute l'Europe. Et pourtant. A vingt-quatre ans, Jean-Baptiste entre comme commis au service du puissant Le Tellier, secrétaire d'Etat à la Guerre de Richelieu. A trente-deux ans, il est l'intendant privé de la fortune de Mazarin qui gouverne la France pendant la minorité de Louis XIV. Dix ans plus tard, il est le plus proche conseiller de Louis XIV qui le fait entrer au Conseil d'en-haut comme ministre d'Etat, le nomme surintendant des Bâtiments (1664), contrôleur général des Finances (1665). A sa mort en 1683, seules la Guerre et les Affaires étrangères lui auront échappé, encore s'en sera-t-il occupé en sous-main, se faisant de solides inimitiés avec les titulaires de ces postes, Louvois en particulier. Et pendant plus de vingt ans, il aura incarné l'Etat aux côtés du Roi-Soleil. On connaît l'image consensuelle et convenue de Colbert telle qu'elle a été complaisamment forgée et véhiculée par les historiens de la IIIe République : le ministre mesuré, austère, intègre, pragmatique, serviteur jusqu'au sacrifice personnel de son roi, de l'Etat, du royaume. Au fil de ces pages, celui que Mme de Sévigné appelait "le Nord", craignant "la glace qui l'attendait" juste avant d'entrer en audience avec lui, apparaît tel qu'en lui-même : prêt à tout pour conquérir puis conserver le pouvoir, d'une rare violence devant les obstacles, retors, machiavélique et manipulateur - les épisodes de sa lutte contre Fouquet, le surintendant des Finances qu'il finira par abattre, sont là pour le démontrer -, ne pensant qu'à placer les membres de sa famille aux plus hauts postes et à accroître sa fortune par tous les moyens, même frauduleux.
Lu par : François Goy
Durée : 2h. 30min.
Genre littéraire : Histoire/géographie
Numéro du livre : 22566
Résumé:Alors que la Première guerre mondiale vit sans le savoir ses derniers mois, de grandes batailles sanglantes à l'issue incertaine se rallument sur la ligne de front franco-allemande. C'est le moment que choisit le roi de Belgique pour présenter à la France une bien singulière requête : lui prêter la guillotine et le bourreau de Paris, Deibler, pour assurer de manière spectaculaire l'exécution capitale d'un soldat prétendument coupable du viol et de l'assassinat de deux femmes belges. Or l'exécution doit se dérouler à Furnes, localité situé de l'autre côté du front... Après de longues négociations, un convoi improbable va tenter de passer à travers les balles et les obus. Il y parviendra, non sans dommages, et la sinistre guillotine finira bel et bien par se dresser, au petit matin, sur la grand-place de Furnes. Mais rien ne se passera comme prévu... Construit comme un recueil de correspondances échangées et de notes de services pondues par des fonctionnaires zélés, L'obéissance est l'étrange récit, concis, rythmé et d'un irrésistible humour noir, d'un des épisodes les plus extravagants de la Grande Guerre.
Lu par : Françoise Dufour
Durée : 12h. 57min.
Genre littéraire : Histoire/géographie
Numéro du livre : 78763
Résumé:De l'anorak au voile, en passant par les sneakers et la petite robe noire, Denis Bruna propose un abécédaire inédit et savoureux. D'une plume savante et drôle, l'auteur de la fameuse Histoire des modes et du vêtement revisite nos armoires et tiroirs et nous entraîne jusqu'à l'Antiquité. Où l'on découvre que l'ancêtre de notre sweat à capuche fut interdit par Charles VI, avant d'être adopté cinq siècles plus tard par la communauté hip-hop new-yorkaise qui le baptise "hoodie" ; que le slip kangourou n'est pas né dans les années 1940 mais existait déjà au Moyen Age ; ou encore qu'il a fallu attendre les années 1960 pour que les femmes puissent arborer sans heurts un pantalon dans la rue. Les vêtements que nous portons tous les jours sont loin d'être neutres : chacun est le fruit d'une passionnante histoire.
Lu par : Michel Fleury
Durée : 25h. 15min.
Genre littéraire : Histoire/géographie
Numéro du livre : 22886
Résumé:A trop admirer aujourd'hui Venise pour son site, pour ses palais et ses églises, pour ses peintres, ses musiciens et ses écrivains, on risque de négliger l'extraordinaire puissance économique, politique et géopolitique que la première et la plus belle des villes marchandes du monde a très longtemps représentée. Si l'on situe au XIVe siècle l'apogée de la thalassocratie qu'elle a créée, la Méditerranée a dû compter avec elle dès le XIIe siècle jusqu'à l'approche de la chute finale à la fin du XVIIIe siècle : l'Adriatique et la mer Ionienne évidemment, les Balkans, le Levant, le Pont (mer Noire), et même la Méditerranée occidentale, une bonne partie des grandes îles (Chypre, Crète), mais aussi l'Europe alpine et la péninsule italienne en totalité ! Sa fortune et sa gloire, cette ville incomparable les doit bien sûr au commerce, ici évoqué avec une précision et une force d'évocation exceptionnelles, et sous ses aspects innombrables de la construction des bateaux au financement des voyages, des marchandises transportées (épices, sel, coton, sucre...) aux contrats de travail des matelots et des rameurs, des tarifs douaniers, de la fiscalité et du crédit aux questions monétaires, de la formation et de la perpétuation d'une noblesse marchande aux compétitions politiques et aux entreprises guerrières, c'est la mer qui fait la vie de la Sérénissime.
Lu par : Gérard Pliquet
Durée : 1h. 14min.
Genre littéraire : Histoire/géographie
Numéro du livre : 25550
Résumé:Depuis 1900, le ticket de métro accompagne notre vie quotidienne, au fond de nos poches, de nos portefeuilles ou au coeur des pages de nos livres. Dématérialisation oblige, il aura bientôt disparu. Il fallait donc raconter la (petite) histoire des premiers tarifs aux mutilés de la grande guerre, du ticket du GI, des premiers tarifs « famille nombreuse », des poinçonneurs, des premières bandes magnétiques, de la révolution de la carte orange, de la disparition de la première classe ou de la saga du ticket chic ticket choc... Documents photos inédits, anecdotes passionnantes, chiffres surprenants, grands évènements et souvenirs émouvants parsèment cette étonnante histoire d'un sésame qui transporte chaque jour plus de 8 millions d'entre nous.
Lu par : François de Courcy
Durée : 12h. 38min.
Genre littéraire : Histoire/géographie
Numéro du livre : 21832
Résumé:L'équipée de Varennes ne figure pas dans le canon des "journées révolutionnaires" : ni foules anonymes en fureur, ni sang versé, ni exploits individuels, ni vaincus. À Varennes, un roi s'en est venu, un roi s'en est allé, avant de retrouver une capitale sans voix et une Assemblée nationale appliquée à gommer la portée de l'événement. Autant dire une journée blanche. Et pourtant, ce voyage apparemment sans conséquence fait basculer l'histoire révolutionnaire : il éteint dans les esprits et les cours l'image paternelle longtemps incarnée par Louis XVI ; met en scène le divorce entre la royauté et la nation ; ouvre inopinément un espace inédit à l'idée républicaine ; et, pour finir, projette la Révolution française dans l'inconnu. Le livre de Mona Ozouf reconstitue cette histoire à la fois énigmatique et rebattue. Il en éclaire les zones obscures, pénètre les intentions des acteurs et observe le démenti que leur inflige la fatalité ; avant d'interroger les lendemains politiques d'une crise qui contraint les révolutionnaires à "réviser" la Révolution. Réapparaissent ainsi des questions aujourd'hui encore irrésolues : y a-t-il une politique distincte du roi et de la reine ? Peut-on faire de Varennes l'origine de la Terreur ? Quelle figure de république voit-on se dessiner dans le chaos des passions du jour ? Ce moment tourmenté, écrit l'auteur, ouvre une vraie fracture dans l'histoire de France. Il allonge déjà sur le théâtre national l'ombre tragique de l'échafaud. Dix-huit mois avant la mort de Louis XVI, Varennes consomme l'extinction de la royauté.