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Recherche par mot-clé: LITTÉRATURE SUISSE

2398 résultats. Page 102 sur 120.

Lu par : Claude Fissé
Durée : 7h. 28min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 14845
Résumé:Un jeune garçon s'éveille le matin de son anniversaire dans un village vigneron des années soixante. C'est un grand jour pour lui : il va entrer dans l'âge de raison. Un état qu'il attend avec impatience. On le suit pendant cette journée entre l'école, les vignes, l'église, sa famille et les gens du village. Il affronte le fait de grandir, tente de percer les allusions et les secrets des adultes, de comprendre l'univers qui l'entoure, aidé par des rencontres improbables, par le rêve de l'ailleurs et la magie de l'écrit. Autour de cette initiation se déploie toute une société rurale avec sa hiérarchie, ses règles, son idéologie, sa lutte contre une sauvagerie crainte, sa transformation rapide, ses tensions entre modernité et tradition, ses personnages typiques et antagonistes. Instituteurs, paysans, curé, sorcier détenteur de " secrets ", femmes, immigrés venus d'ailleurs, ouvriers, entrepreneurs actifs. Sur un autre plan, il y a les rêveries, les récits, le livre de leçons de choses utilisé à l'école dans lequel l'enfant voit une version idéale, compréhensible et enchanteresse du monde. Il y a, aussi, les pouvoirs de la langue. Grâce à elle, l'enfant conçoit que le monde n'est pas toujours ce qu'il semble être, qu'il est plus riche et complexe qu'il ne le paraît. Alain Bagnoud est né en 1959 à Chermignon dans les vignobles valaisans. Ancien collaborateur au Nouveau Quotidien. Actuellement, il enseigne le français à Genève. Père de quatre enfants, auteur de quatre romans. En 2005, il publie avec succès Saint Farinet.
Lu par : Henri Duboule
Durée : 2h. 22min.
Genre littéraire : Essai/chronique/langage
Numéro du livre : 14498
Résumé:... Un portrait de l'homme se dessine néanmoins en filigrane à travers son goût déclaré pour la marche, sa sensibilité au retour du printemps et à tout ce qui éclôt, son amour du soleil et de la chaleur (même s'il est souvent malade en été), son désir inassouvi de l'Italie et sa détestation de l'Allemagne, son attirance pour la musique aussi bien que pour la peinture, ses nombreuses lectures (parmi lesquelles celle de Nietzsche dans l'original), son besoin de contemplation, sa recherche de la solitude et d'une vie réglée propices à l'écriture, le soin avec lequel il tient ses archives tout en se livrant à plusieurs autodafés de papiers. Et aussi son acharnement au travail, ses doutes incessants sur la valeur de ce qu'il fait (un de ses mots récurrents est «dégoût»), ses perpétuels soucis d'argent qui nourrissent une anxiété native, enfin son stoïcisme devant l'échec et la maladie résumé par la formule d'acceptation Amor fati...
Durée : 1h. 26min.
Genre littéraire : Nouvelle
Numéro du livre : 14477
Résumé:Le premier interlocuteur de Robert Walser fut son frère aîné, le peintre Karl Walser. Même dans les années 1920 à 1933, lorsque cesse leur complicité et leur collaboration, le dialogue avec la peinture reste pour l'écrivain une source d'inspiration essentielle. En témoignent les textes présentés dans ce volume. L'exactitude de la description importe moins, ici, que l'aventure d'une transposition: les tableaux, ou parfois leur reflet dans la mémoire, libèrent l'imaginaire, la réflexion et le style. Pensant à Fragonard ou à Delacroix, à Breugel ou à Anker, à Daumier, à Renoir ou à Beardsley, Walser entraîne le lecteur dans un jeu qui allie de façon inimitable l'insolence et l'admiration.
Durée : 4h. 51min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 14451
Résumé:Thomas Clarin, jeune avocat spécialisé dans les affaires matrimoniales, se réjouit à l'idée de passer le week-end de la Pentecôte au calme, dans sa résidence secondaire du Tessin. A la terrasse de l'hôtel Bellavista, il fait la connaissance d'un homme entre deux âges nommé Loos, un individu étrange, peut-être un fou. Autour d'un repas, puis pendant quelques promenades, leur conversation s'enflamme, tournant très vite autour des femmes, du mariage, de l'amour, de l'érotisme, de la fidélité...
Lu par : Liliane Pierré
Durée : 6h.
Genre littéraire : Humour-satire
Numéro du livre : 14608
Résumé:Aujourd'hui, on ne dispose que de 15 ans pour réussir sa vie. Entre 25 et 40 ans il faut du fric, du cul, des gosses, une carrière, du fitness, des voyages, des soirées échangistes, trouver un sens à sa vie, du shopping à new York, etc. Si vous êtes tout en bas de l'échelle de Richter de l'épanouissement personnel et de la reconnaissance sociale, il faut vous reprendre. C'est exactement ce que tentent de faire deux femmes et deux hommes.
Lu par : Marie Lourizi
Durée : 15h. 22min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 15196
Résumé:Le 24 décembre 1534, place Maubert, pendant que chacun s'apprête à fêter Noël, un imprimeur, suspect d'hérésie, est pendu, son corps et ses livres brûlés. Homme de lettres, érudit, Antoine Augereau a connu les intellectuels les plus brillants des débuts de la Renaissance, à Fontenay-le-Comte où il passa son enfance à l'ombre du couvent qui accueillait François Rabelais, à Poitiers durant son apprentissage, et enfin, rue Saint-Jacques où il s'installa en ces temps où elle abritait plusieurs imprimeurs par maison. C'est là qu'il a publié François Villon ou Clément Marot, là qu'il a inventé l'usage des accents et de la cédille, là qu'il a gravé et transmis les caractères typographiques qui ont modelé ceux dont nous nous servons encore de nos jours. Comment cet humaniste est-il parvenu à s'attirer les foudres des théologiens de la Sorbonne ? La publication du Miroir de l'âme pécheresse de Marguerite de Navarre, sueur du roi François Ier, fut-elle la vraie cause de sa perte ? Parce qu'il s'indigne autant qu'il cherche à comprendre, Claude Garamond, le plus célèbre de ses disciples, entreprend de raconter son histoire. L'histoire passionnante et bouleversante d'un être généreux, ennemi de tout fanatisme, mais prêt à mourir pour défendre ses idées. Comme pour Le trajet dune rivière (prix des libraires 1995), Anne Cuneo, dans une éblouissante mise en scène romanesque, dévoile et rend justice à un personnage hors du commun.
Durée : 4h. 12min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 14630
Résumé:Au début de ce court roman, le lecteur apprend que la Terre, perturbée par un phénomène astronomique, a quité son orbite et va finir sa course dans le soleil, dans quelques mois.
Lu par : Claude Fissé
Durée : 3h. 14min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 14452
Résumé:Au moment de conclure une affaire importante, un homme apprend la disparition de sa femme. Son contrat signé, il saute dans un avion pour se rendre chez lui, où il est soupçonné du pire. Il devient l'objet d'une surveillance constante. Il se heurte à une logique qu'il ne soupçonnait pas et se retrouve persécuté par des policiers qui entrent chez lui, décortiquent son emploi du temps, ses habitudes et son intimité. Tout lui semble étranger, à commencer par lui-même. Ancré jusque-là dans un rationnel cartésien, il fait peu à peu l'expérience du doute. Cet homme d'affaires efficace et carriériste est-il coupable, mauvais, voire meurtrier, banni d'un monde qu'il traverse sans y être vraiment, ou ahuri, déconcerté et pantois face à une réalité qui dépasse son entendement ?
Lu par : Pierre Biner
Durée : 6h. 41min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 14414
Résumé:Petit-fils de paysans d'une haute vallée de Suisse alémanique, Karl, né au début du siècle, se prend de passion pour la langue et la littérature françaises. Dans l'effervescence intellectuelle et politique de l'entre-deux-guerres, il goûte à la vie de bohème, mais surtout il entame, sans forfanterie ni mondanité aucune, une vie de véritable homme de lettres. Travailleur forcené, il traduira en allemand plus d'une centaine d'ouvrages français, depuis les classiques jusqu'aux contemporains. Jusqu'à sa mort, il organise lectures et conférences, collabore à des revues, se charge d'éditions, côtoie les auteurs qui seront bientôt célèbres. Mais, pour autant, ce passionné n'oublie pas de vivre, avec la même générosité sans calcul. L'homme de lettres est aussi homme et citoyen, de sorte que ce portrait, à la fois drôle et émouvant, est aussi le miroir d'une époque.
Durée : 6h. 54min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 14568
Résumé:À un interlocuteur qui lui demandait où il trouvait les idées de ses scénarios, souvent noirs, Claude Chabrol répondait lors d'un entretien radiophonique récent (je cite de mémoire): «Dans les rapports humains, et particulièrement dans les rapports de couple, l'imagination est souvent en deçà de la réalité. Lorsque dans la vie réelle on voit la haine pousser un couple à s'entre-détruire, on a la sensation de lire un de ces romans noirs dont on est le spectateur incrédule.» Et il assurait que, en dépit des apparences, il n'avait guère inventé. Ses ?lms étaient fondés sur des histoires vraies dont il avait pris connaissance en lisant les faits divers des journaux. L'histoire des « Jonain » est issue d'un tel fait divers : laissée à moi-même, je n'aurais jamais imaginé que, au début du XXIe siècle, il se trouve des gens pour résoudre leurs problèmes de couple d'une telle manière. Après tout, nous vivons à une époque où au moins un mariage sur trois se termine par un divorce, et où il n'est plus nécessaire, rationnellement parlant, de s'entre-tuer pour se débarrasser de son partenaire. Le «divorce à l'italienne» a fait son temps. Pourtant, au moment où je termine ce récit, je constate que cette affaire, qui avait attiré mon attention par sa bizarrerie et son anachronisme, n'est pas isolée: je viens de lire l'histoire d'un mari qui a tué non pas un, mais trois des collègues de son épouse. Il a laissé près du premier cadavre des indices compromettants pour elle; lorsque ces indices ont été négligés, il a tué un deuxième collègue, puis un troisième: bien entendu, c'est lui qu'on a ?ni par arrêter. Ses raisons? Il voulait que sa femme passe sa vie en prison, ce qui aurait justi?é qu'il demande le divorce, et lui aurait garanti la garde de ses enfants. L'idée de demander le divorce, tout simplement, sans tuer personne, ne lui était pas venue.
Durée : 2h. 4min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 14540
Résumé:La Panne, premier roman de Dürrenmatt, est publié en France en 1958. Alfredo Traps, représentant de commerce, passe la nuit dans un petit village à cause d'une panne de voiture. Faute de place à l'auberge, il est hébergé chez un vieux retraité qui comme chaque soir reçoit ses amis, tous anciens juristes, avocats, procureurs. Ils ont la nostalgie de leurs fonctions passées, et leur jeu habituel est de reconstituer des procès. Alfredo est convié à ce jeu , qui se déroule autour d'un repas fastueux ; il jouera le rôle de l'accusé. Commence alors « la plus belle soirée de sa vie »
Durée : 7h. 16min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 14453
Résumé:Qui est cet Henri Bluntschli, qui abandonna femme et enfant au bord du lac de Zurich pour s'établir en Egypte? Un commerçant honorable? un chevalier d'industrie? un génial ambitieux? un raté? A partir d'une légende familiale, de quelques objets, de documents d'archives, complétant les lacunes par l'intuition et l'imagination, allant et venant entre le XIXe et le XXe siècle, le narrateur, un arrière-arrière petit-fils d'Henri, quête et façonne un personnage d'une prenante ambivalence, à la fois portrait et fiction.
Durée : 5h. 46min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 14378
Résumé:Un étudiant en médecine en déroute répond à une petite annonce demandant «un secrétaire particulier parlant hongrois». C'est la langue de son enfance, il a besoin d'argent et de dérivatif: il va donc lire pour un grand malade, reclus dans une villa de la côte lémanique, le Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas d'Imre Kertesz. Et surtout, ce jeune homme va entrer dans un univers gris, sous lequel s'agitent encore faiblement des secrets de famille, avec leur lot ordinaire de culpabilité et de souffrance. Lui-même est d'une famille hongroise chassée par les événements de 1956. Aux souvenirs de son étrange employeur, il va donc confronter ceux qu'il a hérités des siens et découvrir «le poids de l'Histoire dans nos vies». Désemparé, sans but réel dans la vie sinon d'écrire, il semble se laisser gagner par la mélancolie qui se dégage de ses rencontres quotidiennes. Une silhouette féminine s'y dessine parfois: la fille du malade. On se dit qu'une histoire d'amour pourrait naître entre ces deux solitaires, mais non, c'est comme s'il ne restait plus assez de force vitale pour enflammer un sentiment.
Lu par : Jean Frey
Durée : 4h. 19min.
Genre littéraire : Biographie/témoignage
Numéro du livre : 14347
Résumé:... Une des plus parfaites autobiographies d'un humaniste de la Renaissance suisse, de l'enfance valaisanne au Collège de Bâle. Un témoignage vivant sur tout un monde à l'époque de Holbein et d'Erasme.
Lu par : Evelyne Rochat
Durée : 1h. 2min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 14397
Résumé:
Durée : 9h. 29min.
Genre littéraire : Voyage/exploration
Numéro du livre : 14337
Résumé:En juin 1939, alors que l'Europe s'apprête à basculer dans la guerre, Ella Maillart et son amie Christina décident de partir, au volant d'une Ford, moteur V8 de dix-huit chevaux, vers l'Afghanistan, pour découvrir " comment on peut vivre en accord avec son coeur ". Ella Maillart en est à son cinquième voyage en Asie. Sa compagne, Christina, malade et morphinomane, est un véritable gouffre de souffrance et de désespoir. Ensemble, elles traversent l'Arménie, découvrent Naksivan, rêvent au jardin d'Eden des Hashishin du mont Elbrouz, s'attardent dans la steppe afghane, croisent d'autres Européens eux aussi à la poursuite de leurs chimères. Mais Christina transporte avec elle sa douleur...
Lu par : Gérald Bloch
Durée : 7h. 19min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 15243
Résumé:Quatrième de couverture : Lorsque Sonia, une jeune femme tout juste sortie d'un mariage étouffant et tumultueux, quitte la ville pour aller travailler dans un hôtel de luxe à la montagne, elle ne se doute pas un instant de ce qui l'attend. Dans la lourdeur paysanne de l'Engadine, ce vieil hôtel chargé d'histoire mais doté d'un " espace-forme " ultramoderne accueille des patients en cure. Dans ce roman noir et mystérieux, Martin Suter renoue avec l'atmosphère angoissante et le suspense haletant de La Face cachée de la lune et réussit un admirable tableau d'une région montagnarde de la Suisse romande, un univers confiné et menaçant, où l'âme des habitants se reflète dans un ciel en mutation constante. Suter met ici sa plume au service d'un véritable travail de peintre, entre le vert sombre des épicéas, le noir des orages, le blanc de la neige et l'argent de cet " espace-forme " high tech où tout semble pouvoir arriver...
Durée : 6h. 41min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 14823
Résumé:Gorneval Clément, musicien non-voyant, signe ici son deuxième roman. Ce texte n'est pas sans parenté avec le précédent "Le violon sans âme" mais elle est ténue et n'apparaît réellement que dans les derniers chapitres et sur la couverture du livre réalisée par Michele Allotta. La femme et son violon appartiennent aux deux textes. A l'exception d'un ou deux chapitres cocasses, ces pages trahissent une amertume profonde, Ce pourrait être une banale histoire de séparation, comme il en existe tant et tant, mais le problème conjugal traité, l'irrévocabilité de la parole donnée, est d'une intensité telle, que difficilement crédible. Si la sexualité est devenue un sujet ordinaire, l'absence de relation charnelle dans un couple demeure sujet sinon tabou, du moins traité avec discrétion. L'obéissance absolue à un commandement du Décalogue devient un empèchement de vivre. Le personnage principal, Alain Zähringen, englué dans des principes intangibles, à l'heure de ce qui pourrait être pour lui une libération, se fait un procès mortifère. Grâce à des personnages de second plan, l'auteur permet toutefois à la vie de survivre. Le titre, RE Mineur, fait référence à la symbolique musicale. Cette tonalité évoque la mort, elle est celle employée pour les requiem.
Lu par : Claude Fissé
Durée : 6h. 2min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 14620
Résumé:Jacob von Gunten a quitté sa famille pour entrer de son plein gré dans ce pensionnat où l'on n'apprend qu'une chose : obéir sans discuter. C'est une discipline du corps et de l'âme qui lui procure de curieux plaisirs : être réduit à zéro tout en enfreignant le sacro-saint règlement. Jacob décrit ses condisciples, sort en ville, observe le directeur autoritaire, brutal, et sa soeur Lise, la douceur même. Tout ce qu'il voit nourrit ses réflexions et ses rêveries, tandis que l'Institut Benjamenta perd lentement les qualités qui faisaient son renom et s'achemine vers le drame.
Lu par : Marie Lourizi
Durée : 6h. 22min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 14410
Résumé:Juliette, jeune orpheline de dix-huit ans, débarque un jour dans un village vaudois, venant de son Cuba natal. Elle cherche refuge chez son oncle, aubergiste de son état, qui reste sa seule famille. Ce roman de Ramuz, paru en 1927, ne laisse pas d'étonner par son thème lui-même. Comment Ramuz a-t-il pu introduire cette fleur exotique dans une oeuvre aussi fermée sur les paysages vaudois et valaisans qu'est la sienne ? Qu'Aimé Pache pousse jusqu'à Paris, certes ! Mais qu'une jeune fille des Caraïbes vienne irradier une auberge campagnarde de sa beauté absolue, voilà qui peut faire penser à un tournant dans l'oeuvre de Ramuz. N'importe quel écrivain aurait traité pareil thème sur le mode sociologique. L'irruption d'un élément étranger dans le vase clos d'habitudes locales : quelles en seront les perturbations au niveau des comportements, jusqu'où iront ces bouleversements ? Mais Ramuz n'est ni sociologue ni psychologue. Ce qui l'intéresse, c'est cette trame souterraine aux choses, invisible et pourtant présente, qui les élève jusqu'à des hauteurs inconnues. La Beauté sur la Terre pourrait s'appeler " La Beauté sous la Terre ", tant elle soulève et transcende tout ce qu'elle touche et fait vibrer. Mais si on rêve de la Beauté, si on peut l'entrevoir ou la frôler, on ne l'aborde pas de face. La Beauté, comme le soleil ou la mort, rend fou ceux qui la regardent en face. Ainsi de Joseph qui, faute de pouvoir s'approprier l'image de son rêve, se met à tout détruire autour de lui. Ainsi de ces hommes qui, après de timides avances, en viennent à exprimer leurs convoitises les plus brutales ou les plus sordides. Juliette finira par fuir le village, l'auberge et son oncle. La vision de Ramuz est pessimiste. Mais en même temps se dessine une morale nouvelle, à mi-chemin du christianisme et du panthéisme, qui fait de certaines forces obscures le levain de ce qui peut constituer, en dépit de tout, la Beauté sur la Terre.