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Vivre près des tilleuls: par Esther Montandon

Résumé
Vincent König est le dépositaire des archives de l'écrivaine suisse Esther Montandon. En ouvrant par hasard une chemise classée "factures", il découvre des dizaines de pages noircies, qui composent un récit intime. Esther a donc tenu un "journal de deuil", dans lequel elle a pour la première fois évoqué la mort de sa fille Louise et l'aberrante "vie d'après". Les souvenirs comme les différents visages de la douleur s'y trouvent déclinés avec une incroyable justesse. Ces carnets seront publiés sous le titre Vivre près des tilleuls. Roman sur l'impossible deuil d'une mère, porté par une écriture d'une rare sensibilité, Vivre près des tilleuls est aussi une déclaration d'amour à la littérature : ce récit d'Esther Montandon est en réalité l'oeuvre d'un collectif littéraire suisse, l'AJAR. Ces dix-huit jeunes auteur-e-s savent que la fiction n'est pas le contraire du réel et que si "je est un autre ", "je" peut aussi bien être quinze seize, dix-huit personnes.
Durée: 1h. 38min.
Édition: Paris, Flammarion, 2016
Numéro du livre: 32870
ISBN: 9782081389199

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Résumé:" - Redresse bon Dieu, redresse ! Il exécute et nous grimpons au galop une légère pente boueuse. Peut-être y aura-t-il un refuge au-delà, une ville un château-fort un mur un arbre, enfin quelque chose ! Les chevaux peinent les roues s'enfoncent les essieux grincent, claque le fouet ! On en sort on en sort. Bientôt le sommet, ce sommet ridicule de ce coteau minable. Quelle chance de salut peut-on en attendre, alors que les cavaliers sont déjà gros comme des poings ? Des poings qui s'ouvrent à vue d'oeil. Ça y est ! la terre se redresse sous le coche... mais !... En face de nous, arrivent par centaines d'autres chevaux d'autres bonshommes, déjà gros comme des bras et qui ne nous aimeraient pas. - Redresse sacremerde, redresse !!! "
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Résumé:On a fait le « Matterhorn » deux fois en cinq minutes. Papa était assis juste derrière moi et me serrait fort contre lui. J'avais le sentiment d'avoir au moins une bonne raison de vivre. J'ai même oublié de penser à Maman pendant quelques minutes. A la fin, on avait quand même tous les deux la tête qui tournait un peu. On s'est alors assis sur un banc près de « It's a Small World ». Ce n'était probablement pas la meilleure des idées car cette attraction avait été la préférée de Maman lorsque nous étions venus dans ce parc tous ensemble quand j'avais six ans. Papa a passé son bras autour de mes épaules et a commencé à me sortir son histoire au sujet de Maman « qui est au paradis... », alors j'ai dit « Te fous pas de moi Papa ». Je ne savais pas où j'avais entendu ça, mais c'était là, quelque part dans ma tête de huit ans, et j'ai balancé ça au visage de Papa, tout comme il balance parfois des postillons sur le mien. Et devinez comment il a réagi ? Il a commencé à se marrer comme un taré. Ça a duré au moins dix minutes. Maintenant, je me dis que c'était sûrement une sorte de catharsis. Depuis ce moment-là, quand il me raconte des bobards aussi vraisemblables que l'histoire de Blanche Neige et les Sept Nains, je lui dis simplement « Te fous pas de moi Papa ». Neuf fois sur dix, ça le fait marrer. Mais plus pendant dix minutes.