Spectacles de théâtre en audiodescription

Publié le: 23 Juin, 2014 - 16:45

L'association Dire Pour Voir annonce les trois premier spectacles prévus pour la prochaine saison théâtrale, il s'agit de:

  • "Les Jumeaux vénitiens" de Carlo Goldoni, au Théâtre de Carouge ; mardi 4 novembre 2014 à 19h00 et dimanche 9 novembre à 17h00 ; "Visite coulisses" le dimanche 2 novembre, de 14h00 à 16h00.
  • "Mademoiselle Julie" d'August Strindberg, au Théâtre de Carouge ; mardi 3 mars 2015 à 19h00 et dimanche 8 mars à 17h00 ; "Visite coulisses" le dimanche 1er mars, de 14h00 à 16h00
  • "Porgy & Bess" de George Gershwin, au Grand Théâtre de Genève ; jeudi 19 février OU vendredi 20 février 2015 (à définir) à 19h30 et dimanche 22 février à 15h00.

 

Retrouvez plus d'informations sur ces spectacles ci-dessous ou sur le site de l'association Dire Pour Voir.

  • "Les Jumeaux vénitiens"

    Le vertige de l'acteur
     

    Un bon bourgeois de Vérone qui cherche à marier sa fille. Un prétendant idéal, fortuné mais stupide? Un frère jumeau, aussi malin que pauvre. Des amours contrariées, des quiproquos et malentendus en cascade, un monde de mensonges, de secrets, de pulsions troubles et inavouables où le désir fait trahir...

    Véritable machine à jouer, ce joyau de la comédie italienne est une pièce pour acteurs. Elle sécrète de la théâtralité à l’état pur tout en posant un regard amusé sur les classes sociales de son temps. Car les deux piliers de Goldoni sont le monde et le théâtre. Et c’est par l’étude de l’un qu’il éclaire le second. Du théâtre de tréteaux pour le décor, et une modernité farouche dans les codes subtilement bousculés. Quid des costumes qui évoquent des grandes marques actuelles ou des scènes de combat qui ne sont pas sans évoquer les mangas ? Quand Mathias Simons s’empare de cette pièce, c’est bien notre société qu’il questionne. Car les thématiques du double, de l’hypocrisie, du mensonge, avec l’argent comme moteur ultime des actions de chacun, est pour le metteur en scène « un propos on ne peut plus actuel, un sujet terriblement contemporain ». Tout comme Goldoni, qui écrivit cette pièce pour l’acteur Cesare d’Arbes afin « de le faire briller à visage découvert », Simons s’appuie sur un comédien exceptionnel, l’un des plus doués de sa génération, pour interpréter le double rôle de Tonino et Zanetto, les jumeaux vénitiens ; Fabrice Murgia. Cet acteur, auteur, metteur en scène, programmé par Olivier Py au Festival d’Avignon IN en 2014, fait montre dans ce spectacle d’un art de la rupture hors du commun, un vertige habilement soutenu par une mise en scène qui ne laisse aucun répit au spectateur. Avec lui, une distribution qui révèle l’esprit du théâtre et de son double, le monde. Pièce pour acteurs contemporains, elle nous tient dans une incessante ambiguïté entre le divertissement pur et les parts d’ombre de l’inconscient. Au détour de chaque éclat de rire pointent le danger et la violence. Revenant aux sources du théâtre pour mieux en réinventer ses codes, ce spectacle est un tourbillon, une folie.

    Mathias Simons

    Mathias Simons est héritier des tréteaux, de la troupe, du collectif. Tour à tour comédien, metteur en scène, coauteur et enseignant, il est au cœur de plusieurs projets ayant marqué ces vingt dernières années. Tout d’abord, avec sa compagnie, le Groupe 92, qui le fait connaître hors des frontières belges notamment grâce aux Fourberies de Scapin, une « farce » comme il se plaît à le rappeler, où se révèlent déjà une maîtrise de la théâtralité et une direction d’acteur toute en inventivité qui séduit profondément le public. Membre du groupe Evora au début des années 90, il joue et met en scène Partage de Midi de Paul Claudel qui remporte le prix Mercuria au Festival des Nations à Santiago du Chili (1993). Participant activement aux Ateliers de la Colline (compagnie de théâtre jeune public), il met en scène et coécrit des spectacles dont la plupart sont couronnés de nombreux prix. Enfin, il est membre du Groupov, avec lequel il participe dès 1998 à l’écriture et à la mise en scène de Rwanda 94, un spectacle inouï, indépassable, sur la tragédie des temps modernes, qui restera pour beaucoup le grand spectacle de la fin du siècle passé.

     

  • "Mademoiselle Julie"

    Trouver le souffle, le nuage entre les notes
     

    Un château. C’est la nuit de la Saint-Jean. En l’absence de Monsieur le Comte, sa fille, Mademoiselle Julie, se mêle aux danses et aux jeux, avec une ardeur que réprouve la domesticité, et en particulier Jean, le maître d’hôtel, bel homme portant bien la livrée. S’ouvre alors entre eux un corps à corps nocturne et tragique.

    Gian Manuel Rau monte des sonates. Un peu à la manière de Glenn Gould quand il s’agit de Bach, il cherche le chemin le plus sinueux pour entendre la vérité. Staccato, souffle, nuage entre les notes, c’est entre les lignes que tout se joue.

    Sept ans après sa mise en scène du Pélican au Théâtre de Vidy-Lausanne, Rau revient à Strindberg pour monter Mademoiselle Julie au Théâtre de Carouge. Une pièce sur le pouvoir et?la soumission, sur le bourreau et sa victime, qui commence par ces deux notes : « Mademoiselle Julie est folle, complètement folle. » Une partition sans armure, à la dissonance parfaite, une danse de mort.

    Tout se passe sur une île, dans la cuisine d’un château. Le danger rôde à la porte : le père pourrait rentrer, le fiancé vient de partir. C’est une nuit de la Saint-Jean, une nuit où les frontières sont abattues et où seuls les spectres et les trolls sont responsables de nos actes. Une page blanche dans notre existence, comme Mademoiselle Julie qui s’écrit au fur et à mesure que les personnages se racontent.

    Un spectacle né d’une rencontre. Celle de Gian Manuel Rau?et de Berdine Nusselder, une actrice à la beauté fragile, capable de s’abandonner aux multiples facettes de ce personnage. À ses côtés, Roland Vouilloz campera un Jean naïf et monstrueux tandis que Caroline Cons endossera le rôle de Christine, la sorcière ordonnatrice du temps et de l’espace. Une distribution tout en harmonie et dissonances pour ces personnages sans passé qui vivent de l’histoire qu’ils énoncent. Des acteurs d’instinct, maîtrisant le staccato et les nuages dans la pensée. Et de nous offrir un voyage intime et profond, tendre et maladroit, monstrueux et poétique.

    Gian Manuel Rau

    Un soir d’été, dans la fournaise avignonnaise, un jeune garçon de 14 ans découvre émerveillé Henri IV de Shakespeare mis en scène par Arianne Mnouchkine. Quelques années plus tard, un nouveau choc : Hamlet de Patrice Chéreau. Sa vocation est née. Jeune homme, il part à Zurich étudier la littérature allemande et française et multiplie les mises en scène - surtout Beckett et Botho Strauss. Très vite, il est engagé comme assistant de Ruedi Hausermann au Theater am Neumarkt de Zurich, et de Thomas Ostermeier à la Schaubühne de Berlin. Depuis 2001, il enchaîne les mises en scène en Suisse, en France et en Allemagne. De la Comédie Française au Théâtre de Vidy-Lausanne en passant par la Sophiensaele de Berlin, il interroge autant le répertoire que les auteurs contemporains : Strindberg, Barfüss, Pinter, Büchner, Ibsen, Feydeau, Sprenger, Lessing, Srbljanovic. En 2009, il met en voix, à sa demande, Dominique Reymond dans Sujets à Vif – Prog. C, de Valérie Mréjen au Festival d’Avignon.

  • "Porgy & Bess"
     

    « Summertime and the living is easy, Fish are jumping, and the cotton is high. » D’emblée, la berceuse de Clara nous plonge dans l’atmosphère de Catfish Row, un bidonville imaginaire sur les docks de Charleston en Caroline du Sud. Au delà de cette quiétude apparente, Porgy, un mendiant estropié, va être confronté au dealer Sportin’ Life et au docker Crown pour sauver Bess, la femme de ce dernier. Œuvre phare de la musique américaine, Porgy and Bess est signé George Gershwin, l’auteur de Rhapsody in Blue et An American in Paris. Souhaitant mettre en scène la communauté afro-américaine des années 1930 dans un opéra, le roi de Broadway eut la géniale intuition d’associer à la musique classique en provenance d’Europe, le jazz et les traditions musicales afro-américaines. Ainsi, blues, work songs et spirituals côtoient des airs et des ensembles plus familiers pour les habitués de l’opéra. Là où il n’aurait pu s’agir que d’une touche d’exotisme, Gershwin atteint une symbiose entre différents univers musicaux qui envoûte l’auditeur et le transporte vers de nouveaux horizons.